A l’occasion de la journée nationale des MICI (prononcez MIKI) du 19 mai 2020, nous vous proposons de faire le point sur ces maladies mal connues du grand public.

C’est quoi une MICI ?

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) regroupent la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), qui se caractérisent par une inflammation de la paroi du tube digestif, liée à une hyperactivité du système immunitaire digestif.

Dans la maladie de Crohn, cette inflammation peut être localisée à tous les niveaux du système digestif (de la bouche à l’anus), alors que dans la rectocolite hémorragique, elle est localisée au niveau du rectum et du côlon.

Qui peut- être atteint de MICI?

C’est une maladie diagnostiquée chez le jeune adulte (20-30 ans), le plus souvent mais elle touche aussi des enfants (15 % des cas). En France, il y a 250 000 personnes atteintes de MICI.

Le diagnostic des MICI se fait à la fois sur des critères cliniques (symptômes), l’interprétation des bilans biologiques (anémie, carences…) et sur l’endoscopie qui met en évidence l’inflammation de la muqueuse digestive.

Le diagnostic est parfois retardé à cause de la gêne provoquée par l’atteinte de cette région intime du corps.

Quels sont les symptômes des MICI ?

Les symptômes les plus fréquents sont les douleurs abdominales, les diarrhées qui peuvent être sanglantes et glaireuses.

Les symptômes extra digestifs sont des douleurs articulaires, des manifestations cutanées (érythème noueux) et oculaires.

Quelles sont les causes des MICI ?

Comme d’autres maladies auto-immunes, on envisage des pistes génétiques et environnementales (exposition aux métaux lourds, microparticules…) ; les régions les plus touchées sont en tous cas les pays développés.

Quels sont les traitements des MICI ?

Il faut distinguer les traitements des poussées qui vont supprimer l’inflammation et aider à cicatriser les muqueuses digestives : la mésalazine par voie orale ou rectale (comme le Pentasa® et le Fivasa®), remplacée par de la cortisone en cas d’échec (par voie orale ou en perfusions).

Les traitements de fond qui sont là pour éviter l’apparition d’autres lésions et allonger les périodes de rémission : ce sont des immunomodulateurs et des immunosuppresseurs : comme l’Imurel® ou  les anti-TNFalpha comme le Remicade®.

Certaines formes plus sévères peuvent nécessiter de la chirurgie (ablation des parties trop atteintes du tube digestive).

La recherche avance et de nombreux laboratoires travaillent sur des formes de médicaments mieux tolérées (https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/mici-benefice-collateral-traitements-inflammation-intestinale).

Quelle est la place de l’alimentation dans le suivi des MICI ?

Lors des poussées sévères, un arrêt de l’alimentation est nécessaire et une adaptation des repas face aux symptômes digestifs doit être expliquée aux patients https://www.afa.asso.fr/alimentation/adapter-son-alimentation/en-poussee).

De même, les risques de carences et de dénutrition sont importants et nécessitent une vigilance accrue du médecin traitant, du gastro-entérologue et peut nécessiter une prise en charge diététique avec des praticiens formés.  (https://www.afa.asso.fr/alimentation/lafa-vous-accompagne/trouver-un-dieteticien/).

En revanche, aucune étude à ce jour n’a confirmé l’influence d’un régime d’exclusion de certains aliments sur le déclenchement de la maladie ou de des poussées.

Enfin, même en l’absence de symptômes ou de poussées, il est important de maintenir un suivi au long cours par le gastro-entérologue car ces maladies augmentent la prévalence du cancer colorectal.

Et le tabac dans tout ça ?

Sans pouvoir en expliquer les causes, fumer protège de la RCH et tend à en ralentir l'évolution, mais favorise la survenue de la Maladie de Crohn et en aggrave l’évolution.

En tout état de cause, éviter de fumer reste le meilleur conseil.

Traitements alternatifs : attention !

Comme pour d’autres maladies chroniques, qui par définition ne guérissent pas, de nombreux patients cherchent d’autres alternatives aux traitements proposés.

Si des disciplines comme la psychologie, l’ostéopathie, la sophrologie ont toute leur place dans le quotidien des patients pour les soulager, attention aux traitements du type régimes d’exclusion qui n’ont aucune validité scientifique et qui peuvent augmenter les risques de dénutrition.

Les MICI sont des maladies méconnues du grand public, peut-être parce qu’elles touchent à l’intimité des malades. Pourtant, elles sont bien traitées, tant sur le plan des poussées que pendant les périodes de rémission.

Une vigilance est importante concernant l’alimentation lors des poussées, à la reprise des repas et peut nécessiter un suivi diététique.

Les patients asymptomatiques ou en rémission doivent maintenir leur suivi avec le gastroentérologue comme les autres patients, à cause notamment du risque accru de développer un cancer colorectal.

Sources