La séparation entre notre vie privée et notre vie professionnelle que permettait le travail au bureau s’est diluée dans nos espaces de vie.

Cela a entraîné, pour un certain nombre de personnes, un changement radical dans la manière de manger et notamment, l’impression d’avoir faim en permanence. C’est une difficulté que l’on entend beaucoup en consultation en ce moment.

Comment sortir de cette routine ? Voici quelques pistes, faciles à mettre en place dans le quotidien.

Ne pas surcharger les placards d’aliments tentants

Premièrement, c’est une évidence : au bureau, il n’y a pas de frigo ou de placards remplis de denrées alimentaires à proximité ; tandis qu’à domicile : ils vous ouvrent les bras.

L’idée serait alors de ne pas les surcharger.

Nécessité de se déconnecter

Ensuite, à la maison, certains ne font plus de réelle pause pour les repas et dans la journée. Le travail s’effectue non-stop, avec des repas pris sur le pouce, sur un coin de table ou même parfois debout, et le plus souvent devant l’écran.

Stop ! On fait une chose à la fois : on matérialise son repas si possible dans une autre pièce, l’ordi en pause, on n’en profite pas pour prendre son téléphone : l’idée est de se déconnecter pour profiter pleinement de son repas.

Attendre d’avoir faim pour manger

D’ailleurs, pour commencer la journée en pleine conscience : on attend d’avoir faim pour prendre son petit déjeuner ; on évite la mécanique qui fait que souvent, celui-ci est pris par habitude, sans faim.

Et si la faim ne vient pas… c’est que le petit-déjeuner n’est pas nécessaire !

Evaluer l’intensité de sa faim pour ajuster ses quantités

Pour se faire, prenez l’habitude de vous poser quelques instants avant de manger, de respirer calmement 2-3 fois et de ressentir l’intensité de votre faim.

L’idée étant d’être sûr(e) que c’est bien de la faim et d’ajuster par la suite vos quantités - non pas au comptage calorique ou de points d’un quelconque programme alimentaire -  mais bien à la juste quantité dont vous avez besoin.

Déterminer si c’est bien de la faim et pas autre chose qui se cache derrière cette sensation

Ce point est essentiel : il est indispensable d’être capable de déterminer si c’est plutôt une soif, de la fatigue, de l’ennui, une émotion difficile qu’on veut gommer, un besoin de break car quand on ne décroche jamais des écrans, tout ça se mélange, se confond et amène souvent, à manger au lieu de combler ces besoins…

Accepter le réconfort alimentaire

Certains parlent de fringales irrépressibles, d’un besoin permanent de manger et bien entendu, plutôt des aliments gras, salés ou sucrés.

Pas de panique : tout ça, c’est tout à fait humain : le besoin de réconfort alimentaire est normal et rarement avec de la salade verte.

Le cerveau a besoin de se cocooner quand l’ambiance est morose

L’ambiance anxiogène partagée depuis de nombreux mois n’aide pas : notre cerveau réclame simplement du plaisir par l’intermédiaire d’aliments réconfortants ; le hic, c’est que si je fais autre chose quand je mange ces aliments ou que je culpabilise de les manger, ce plaisir recherché ne sera pas ressenti et je recommencerai dans quelques heures, avec une dose de culpabilité supplémentaire, à chaque fois.

Donc, pour se réconforter vraiment, on se pose, on déguste tranquillement cet aliment et on repart tranquillement vers ses activités. Vous verrez, à force, une petite quantité suffira.

Manger c’est un besoin physiologique, physique et psychique

L’acte de manger, ce n’est pas uniquement consommer des calories mais respecter ses goûts, ses envies, qui changent en fonction des saisons, de la température extérieure…

A force de reprendre des repas variés, goûteux, dégustés sans culpabilité et pris tranquillement sans faire autre chose, vous verrez, cette envie insatiable de grignoter en permanence s’estompera.

Besoin de changer d’air

Pensez également à vous aérer : sortez quelques fois dans la journée pour profiter de la lumière du jour, respirez et peut être aussi qu’il est temps de renouer avec ces activités récréatives que vous aviez laissées tomber alors qu’elles vous faisaient tellement de bien…

 

Il est vrai que les mesures actuelles nous empêchent parfois d’aller pratiquer ces activités.

Cette crise sanitaire semble partie pour durer : il faut en trouver de nouvelles, car, si vous n’avez pas de moment à vous pour déconnecter, décompresser, vous défouler : tout convergera vers la nourriture.

S’il est normal de se faire plaisir en mangeant, ce n’est pas le seul plaisir quotidien donc tentez de trouver d’autres sources plaisantes ; c’est très variable d’une personne à l’autre donc réfléchissez-y.

 

Il n’y a pas de fatalité à cette période de télétravail prolongé : des solutions existent bel et bien pour éviter de se noyer dans le grignotage permanent, alors à vous de réinventer votre quotidien de manière plus adaptée.

 

Bien entendu, si cela va plus loin et que vous vous sentez vraiment déprimé(e), il ne faut pas hésiter à en parler à votre médecin traitant ou bien un(e) psychologue.

Bibliographie :

Pour celles et ceux qui aimeraient continuer la réflexion, il existe de nombreux ouvrages sur l’alimentation en pleine conscience et le lien entre l’alimentation et les émotions : cette liste est non exhaustive, bien entendu.

 

Des livres intéressants sur la pleine conscience :

 

-La plénitude de l’instant, de Thich Nhat Hanh

-Au cœur de la tourmente, la pleine conscience, MBSR, la réduction du stress basée sur la mindfulness, de Christophe André

-Manger en pleine conscience et Réapprendre à manger, de Jan Chosen Bays

 

Je recommande aussi les articles du GROS (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids) que l’on retrouve sur leur site

 

Des livres intéressants sur l’alimentation et les émotions :

 

-Je me libère des poids qui me pèsent pour mincir enfin ! de Sandrine Pujol et Aude Jaubert

-Petit cahier d’exercices pour réguler son poids selon les thérapies comportementales et cognitives (TCC) de Sandrine Gabet Pujol

-Les kilos émotionnels, comment s’en libérer sans régime, Stéphane Clerget